Sanders-JM-0913NOUVEAUTÉ. Originaire de La NouvelleOrléans, Nick Sanders a grandi dans un environnement favorable à son développement et bénéficié d’une éducation auprès de maîtres comme Cecil McBee, Da nilo Perez ou Jason Moran. Pour parachever le tout, “Nameless Neighbors” a été produit par Fred Hersch, un gage de qualité qui n’est pas le fruit du hasard. Dès la première plage, le constat s’impose :

Sanders et ses compagnons connaissent parfaitement la tradition sans pour autant s’être laissés formater ! Du leader, on pourrait dire qu’il se situe à mi-chemin de Brad Mehldau, en plus abstrait, et de Craig Taborn, en plus sage. Mais il a également assimilé les boppers cubistes (Monk et Herbie Nichols, dont il reprend ici un thème de chacun) et les pianistes free. Sur cet arrière-fond palpable, se dresse cependant un portrait bien personnel. En un jeu de main droite toujours délicat, mais sans fadeur, accompagné par une main gauche à la fois souple et angulaire, Nick Sanders fait preuve d’une maturité étonnante. En des lignes mélodiques éclatées, ses idées défilent parfois davantage par rebonds que par déduction logique, mais sans céder à la tentation d’un faux-semblant de folie programmée, avec un sens de la mesure qui garantit l’unité de l’expression. Soit une sorte de “fantaisie grave” pour laquelle il a trouvé en Henry Fraser et Connor Baker les partenaires idéaux. Interaction de haut niveau,. idéalement équilibrée, intelligence musicale, raffinement du jeu, ces trois jeunes gens ont déjà tout et l’on réécoutera leur album sans se lasser.

LUDOVIC FLORIN